Sociotexte

 

 

"La sociocritique se préoccupera donc de l’étude des signifiances de l’œuvre, décelables à partir des tensions idéologiques qui la traversent. Le point de départ demeure le texte, dans les rapports internes qui le constituent en un système spécifique, et dans les rapports qu’il entretient qui n’est pas neuf, de dépasser les distinctions de forme et de contenu, mais substituer au théocentrisme de l’auteur (selon lequel l’écrivain-dieu préférerait un dire préexistant en lui à sa réalité textuelle) une divinisation du texte auto-engendré, ressassant sa propre parole et n’entretenant avec le monde que des rapports d’extériorité. Souci également de ne pas installer le texte hors de lui-même par le seul commentaire des informations qu’il contient ou des idées qu’il transmet, ou, ce qui revient au même, par la confusion entre la fiction et la réalité."(Claude Duchet)

 

 

A partir des années 80, la sociocritique va chercher à définir le lieu spécifique du littéraire à travers trois nouveaux outils conceptuels dont elle usera désormais : le sociotexte, le co-texte, le sociogramme.

En effet, les notions venues du structuralisme offrent un modèle trop contraignant qui ne permet pas de rendre compte de toutes les potentialités de l’œuvre. Il faut dissiper les ombres du structuralisme et diriger la réflexion vers une saisie plus dynamique du processus socio-esthétique. Claude Duchet en arrive ainsi à proposer le concept de «sociotexte», pour remplacer celui de texte, quitte à mettre «texte» entre guillemets quand il s’agit de la théorie du texte, élaborée en dehors de la sociocritique ; à forger le concept du «co-texte» (avec trait d’union), parallèlement au « contexte », décidément trop ambigu ; à inventer enfin le «sociogramme».

 

On ne saurait séparer la « mise en texte », « mise en historique »  et la « mise en social» dans l’écriture, la « lecture sociale », la « lecture historique »  et la « lecture esthétique » dans la lecture. Disons que l’on retient l’objet à la fois médiatisant et médiatisé dans les trois processus. C’est un point très important dans la perspective sociocritique et sociogrammatique. La lecture sociocritique veut se situer au niveau de la valeur et rendre compte d’un effet pluriel, ou plutôt des co-textualisations de cet effet. Une lecture-écriture attentive à se situer et à se mettre en cause tente d’interroger la raison des effets et leur signification et ouvre le texte sans jamais le clore, c’est le sociotexte.

 

 

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